Cher journal!
- Éliane Bouchard
- il y a 4 jours
- 2 min de lecture
Une lettre à mon corps, à la veille d’un grand pas.
Aujourd’hui, je m’en vais à l’hôpital afin de subir une chirurgie bariatrique (une sleeve, pour ceux qui connaissent les termes).
Plusieurs personnes m’ont demandé si j’étais stressée. À vrai dire, non. L’opération ne me fait pas peur. Je ne mentirai pas en disant que les quelques jours de bouette qui vont suivre me dérangent un peu… mais en même temps, quand tu as subi dix mois de chimiothérapie, avec des douleurs à 12/10 à certains moments, ça relativise pas mal de choses. Je vais passer au travers, une heure à la fois. Et ça va aller.
Non… ce qui me dérange, ce qui me fait peur, j’avais envie de le mettre sur papier et de le partager. Comme un message que je m’écris à moi-même. Comme une lettre que j’envoie à l’univers. Et qui aidera peut-être d’autres personnes qui s’apprêtent à vivre la même chose que moi.
Cette chirurgie, je l’ai choisie. Ça fait deux ans que je l’attendais. Deux ans pour me préparer. Mais vivre dans l’attente… et avoir une date officielle, c’est différent.
Quand j’ai reçu l’appel, j’étais dans l’euphorie. J’allais enfin avoir le corps dont j’avais rêvé. Enfin pouvoir porter les vêtements que je souhaitais. Mais surtout surtout… avoir de l’énergie. Pouvoir faire les randonnées dont je rêve (tu iras voir ma page La Tortue en crampons pour comprendre — ouin, je vous l’ai déjà dit, je suis une multi-passionnée 😉).
Mais depuis une semaine, je suis focus. Je me prépare mentalement. Et j’ai mis des mots sur ce qui me faisait réellement peur.
Et si j’étais déçue de mon nouveau corps? Et si je ne l’aimais pas?
Parce que, tsé… du haut de mes 46 ans et demi, j’en ai fait du travail sur moi. Sur l’acceptation. Avec le cancer, je m’étais fait une promesse que je tiens depuis maintenant sept ans : ne plus jamais critiquer mon corps. Cette machine de guerre qui m’a permis de passer au travers de la maladie. J’avais fini par l’aimer, ce corps.
Et j’ai l’impression qu’avec cette opération, je trahis cette promesse. Comme si je lui dis : « finalement, corps… tu n’es pas assez bien ». Je te promets que ce n’est pas le cas.
Mais j’ai envie de vivre encore plusieurs belles années en santé avec toi. J’ai envie de diminuer mon apnée du sommeil (57 événements à l’heure… oui oui, cas sévère — j’pouvais ben être fatiguée 😉, moé je ne fais jamais rien à moitié). Il y a cinq ans, j’ai complètement arrêté de boire de l’alcool. Aujourd’hui, c’est le temps de te donner une chance avec le poids. Mes hanches commencent à me dire que c’est le bon moment de faire quelque chose.
Alors aujourd’hui, je te fais une promesse. Je te promets de continuer à t’aimer, même si tu es frippé, même si la peau pend, même si la balance monte et redescend. Je te promets de t’accepter, de t’écouter et de te respecter.
Je ne viens pas te corriger. Je viens marcher avec toi, autrement. Un jour à la fois. Une heure à la fois. Et ça… je sais que je suis capable de le faire 🤍
T’es prêt? 3-2-1 … on fonce!



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