top of page

Le premier « non » de l’année

23 août
4 min de lecture

Il y a des « non » faciles à dire. Ceux où tu peux sortir la règle, la convention, la politique, la procédure ou le fameux : « Malheureusement, ça ne dépend pas de moi. » Ceux-là, ça va quand même bien. Parce que, quelque part, ce n’est pas vraiment toi qui dis non. Tu ne fais que transmettre la mauvaise nouvelle. 😅


Et puis, il y a les autres non. Ceux pour lesquels il n’y a pas de règlement à sortir de ton tiroir. Pas de petite phrase surlignée en jaune dans un document de 72 pages. Pas de personne au centre de services scolaire à qui refiler subtilement la responsabilité. Juste toi. Ton jugement. Et ton « non ». Bienvenue en direction! 😂


Dire non quand tu voudrais tellement être sympathique

Je pense que c’est particulièrement difficile quand on commence comme direction. Tu arrives dans une nouvelle fonction — parfois dans une nouvelle école — et tu veux créer des liens. Tu veux que les gens sachent que tu es accessible, humaine, à l’écoute. Et, avouons-le, tu aimerais aussi beaucoup que tout le monde t’aime. Petit divulgâcheur : ça risque de ne pas toujours fonctionner. 🤷🏼‍♀️


Puis quelqu’un arrive avec une demande. Et parfois, la demande n’est même pas complètement farfelue. Tu pourrais dire oui. Ça te permettrait même d’éviter une conversation un peu inconfortable. Mais quelque chose te dit que ce n’est pas la bonne décision.


Et c’est là que le hamster commence : Est-ce que je suis trop rigide? Est-ce que ça vaut vraiment la peine de dire non? Voyons… c’est juste cette fois-ci. Elle va penser quoi de moi? Et tranquillement, ton cerveau réussit presque à te convaincre qu’un petit oui serait tellement plus simple.


La question qui change tout

Avec le temps, il y a une question que je trouve particulièrement utile avant de répondre à ce genre de demande : Est-ce que je serais prête à dire oui à tout le monde dans la même situation?


Parce que le petit « oui, pas de problème » que tu donnes un mardi matin à 8 h 17 peut revenir te hanter trois semaines plus tard. 😅 « Mais tu avais dit oui à… » Ah. Oui. C’est vrai.


Ça ne veut pas dire que toutes les situations doivent être traitées exactement de la même façon. Être équitable, ce n’est pas nécessairement donner la même chose à tout le monde. Mais tu dois être capable d’expliquer pourquoi, cette fois-ci, ta réponse est différente. Et surtout, tes décisions doivent avoir une certaine cohérence.


Ton équipe finit par te connaître

La bonne nouvelle, c’est qu’avec le temps, on s’habitue à dire non. Bon… je ne dirais pas que ça devient mon activité préférée entre deux cafés, mais ça demande quand même un peu moins d’effort. 😅


Et surtout, quelque chose d’intéressant se produit : ton équipe finit par te cerner. Elle comprend tes valeurs, tes limites, ce qui est négociable et ce qui l’est beaucoup moins. Les gens finissent même par ne plus venir te faire certaines demandes parce qu’ils connaissent déjà probablement ta réponse.


Et ça, je pense que c’est sain.


Je vais me risquer à un parallèle un peu dangereux ici 😂 : une équipe, là-dessus, ce n’est pas si différent des enfants. Pas parce qu’il faut traiter nos collègues comme des enfants — loin de là! — mais parce que, comme êtres humains, nous avons besoin d’une certaine prévisibilité pour nous sentir en sécurité.


Si lundi je dis non, mardi je dis oui, jeudi je fais une exception parce que je suis de bonne humeur et vendredi je ne sais plus trop ce que j’avais décidé lundi… mon équipe ne sait plus sur quel pied danser.


Et c’est là que l’incompréhension s’installe. Puis la frustration. Puis les comparaisons : « Pourquoi elle a dit oui à elle et non à moi? » Et éventuellement, ça peut créer de l’anxiété et affecter sérieusement le climat d’une équipe.


La cohérence ne veut pas dire être rigide. Ça veut dire que les gens peuvent tranquillement comprendre comment tu prends tes décisions. Ils ne seront pas toujours d’accord avec toi — ça aussi, ça fait partie du merveilleux forfait « direction d’école » 😂 — mais ils sauront à quoi s’attendre.


Et parfois, le non vient vraiment de toi

Je pense que c’est une des choses qu’on apprend tranquillement en prenant notre place comme direction. Parfois, tu ne peux pas dire : « C’est la politique. » « Ça vient d’en haut. » « Je n’ai malheureusement pas le choix. »


Parce que cette fois-ci, tu as le choix. Tu as écouté. Tu as réfléchi. Tu as considéré les impacts. Et tu as décidé que c’était non.


Ça peut être inconfortable, surtout les premières fois. On a alors une étrange tendance à vouloir expliquer notre décision pendant environ 47 minutes, avec une introduction, trois arguments, une conclusion et probablement un PowerPoint. 😂 Mais tu n’as pas toujours besoin de convaincre l’autre que ton non est le bon.


Tu peux écouter sa déception. Tu peux reconnaître que ce n’est pas la réponse qu’elle espérait. Tu peux rester ouverte à la discussion. Et maintenir ton non.


Parce qu’être une direction humaine ne veut pas dire dire oui à tout. Ça veut aussi dire être suffisamment cohérente pour que les gens qui travaillent avec toi apprennent à te connaître, à comprendre tes décisions et à savoir sur quoi ils peuvent compter.


Alors, si ton premier « non » de l’année te donne un petit inconfort dans le bedon, dis-toi que ça devient un peu plus facile avec le temps. 😉


Et avant de transformer ce non en oui juste pour faire disparaître le malaise, pose-toi simplement cette question :

Est-ce que je serais prête à dire oui à tout le monde?

Commentaires


Untitled design.png
"La folie, c'est de faire toujours la même chose et de s'attendre à un résultat différent."
- Einstein

 

© 2025 by Mme Éliane, directrice inspirée. Powered and secured by Wix

 

Québec, Canada

  • Facebook
  • Instagram
bottom of page