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Le jour où tu réalises que tu ne peux pas plaire à tout le monde comme direction d’école

⚠️ Cet article est un peu plus long… mais il vient toucher quelque chose d’important.

Prends un café ☕️ et prends le temps de le lire.


Quand tu es stagiaire pour devenir enseignant, un des pièges qu’on va te nommer, c’est que les élèves ne sont pas tes amis. Tu les respectes, ils doivent te respecter, mais tu gardes une certaine distance. Et sais-tu quoi? À coup sûr… tu tombes dans le piège. Tu veux tellement que tes élèves t’aiment. Mais il y a une différence entre aimer-respecter et aimer-wow-t’es-cool-on-chill-ensemble. Tu te fais prendre quelques fois et, avec l’expérience, tu apprends à ajuster cette distance. Tu comprends que ce n’est pas grave si ce n’est pas 100 % de tes élèves qui t’aiment, que tu ne gagnes pas le titre de « prof of the year » chaque année… et c’est ben correct. Parce qu’au final, ils te respectent et tu peux quand même avoir du plaisir avec eux. (Maudit que l’enseignement me manque… même après 8 ans.)


Là, si tu es bonne en inférence, tu as déjà compris vers où je m’en vais… C’EST.LA.MÊME.CHOSE.AVEC.TON.ÉQUIPE. Mais là, quand je regarde dans ta boule de cristal et que je lis ton avenir… TU.VAS.TOMBER.DANS.LE.PIÈGE en commençant. Et j’ai l’impression qu’il n’y a pas nécessairement quelqu’un qui va être là pour te le dire. COUCOU. C’est pour ça que Mme Éliane a choisi de t’en parler.


Tu commences, tu es stressée, c’est un énorme changement de posture… et tu veux donc qu’ils t’aiment. Mais là, on parle d’adultes. Pas la même game. Crois-moi. Et si tu es faite sur le même frame que moi… il y a de fortes chances que la première fois que tu vis de la résistance, que tu te retrouves face à une équipe insatisfaite de tes décisions… tu te retrouves avec la larme à l’œil dans ton bureau après. C’est tough. Vraiment tough. 25 enfants pas contents parce que tu donnes des devoirs, ça se gère… mais 60 adultes insatisfaits? Là, tu dois développer tes outils à vitesse grand V.


Le pire, c’est que souvent, tu ne le vois pas venir. Parce que tu t’entends bien avec ton équipe. Tu as du plaisir avec eux. Tu ris. Vous faites des blagues. Tu penses qu’ils t’aiment… pis là, BANG. En pleine assemblée générale, coup de pelle dans la face. Ils semblent tous remontés contre toi. Voyons, qu’est-ce que j’ai fait? Je pensais qu’ils m’appréciaient. Je ne serai jamais assez forte pour supporter ça. Pourquoi je n’ai rien vu venir? Chu donc ben pas bonne. Pourtant, tu es en train de donner tout ce que tu as. Tu travailles des heures de fou. Tu négliges même tes propres enfants pour être présente pour eux… et là… c’est le choc.


Tu termines la rencontre complètement sonnée. Personne à qui parler (parce que je te rappelle que, bien souvent, tu es la seule gestionnaire de ton école). Oui, tu peux appeler un collègue, quelqu’un qui peut comprendre un peu… mais en même temps, il n’était pas là. Il ne peut pas saisir toutes les subtilités de la situation. Alors tu cherches. Tu analyses. Tu essaies de comprendre où tu as bien pu l’échapper. Sérieux… c’est violent, vraiment violent. Surtout la première fois. T’as le goût de tout lâcher et d’aller flipper des boulettes chez MCDO.


Et là, tu passes par toutes les phases du deuil. Tu as le goût d’être rancunière. « Ah ouin? Moi aussi je suis capable d’être plate… »


Et finalement, tu reviens à la maison. C’est possible que ton conjoint te ramasse en larmes. Tu ne dors pas de la nuit… et tu rentres le lendemain à l’école… AVEC LE SOURIRE.


Comment je te dirais ben ça… surtout si tu es faite comme moi, une fille qui n’aime pas la chicane, qui ne cherche pas le trouble… je ne suis pas encore rendue complètement insensible à ces situations. Parce que je les aime. Je l’aime, mon équipe. Je donne vraiment tout pour eux. Mais j’ai compris avec le temps que c’est tout simplement impossible de faire l’unanimité. Et que, peu importe la décision que tu vas prendre — écoute-moi bien — PEU IMPORTE la décision que tu vas prendre… il va y avoir quelqu’un (ou plusieurs) qui ne sera pas content. C’est aussi sûr que tu vas mourir un jour.


Mais si je peux t’encourager… une fois que tu comprends ça, quelque chose change. Tu t’en fais moins. Tu deviens plus solide dans tes réponses. Tu dors mieux après tes rencontres, même quand ça a brassé. Et ça t’aide même à mieux anticiper cette fameuse résistance. Tu approfondis tes réflexions. Tu te prépares davantage. Tu essaies de penser comme eux, d’anticiper les réactions… et tranquillement, tu prends ta place.


3 trucs pour t’aider à traverser ça


Arrête de vouloir être aimée… vise à être juste


Je vais te dire quelque chose que tu ne veux peut-être pas entendre au début… mais que tu vas comprendre avec le temps : ton rôle, ce n’est pas d’être aimée, genre aimer-wow-t’es-cool-on-chill-ensemble. Ton rôle, c’est d’être juste. Et ça, ce n’est pas la même affaire. Parce que quand tu veux être aimée, genre aimer-wow-t’es-cool-on-chill-ensemble, tu vas arrondir les coins, éviter les décisions difficiles, repousser des conversations nécessaires… bref, tu vas vouloir préserver le lien à tout prix. Mais quand tu vises à être juste, tu te poses une autre question : « Est-ce que ma décision est la bonne pour mon école, pour mes élèves, pour mon équipe… même si elle déplaît? » Et ça, ça demande du courage. Parce que tu sais que tu ne feras pas l’unanimité. Mais tranquillement, tu vas réaliser quelque chose de vraiment important : les gens n’ont pas nécessairement besoin d’être d’accord avec toi… mais ils ont besoin de sentir que tu es cohérente, que tu es intègre et que tu tiens ton cap. Et ça, ça bâtit du respect. Bien plus solide que vouloir être aimée à tout prix. Et crois-moi, ils vont t’aimer genre aimer-respect.


Ne prends pas la réaction des autres comme une attaque personnelle


Ça, c’est probablement le plus difficile. Parce que quand quelqu’un remet en question ta décision, ton cerveau fait vite un raccourci : « ils ne sont pas d’accord avec moi = ils ne m’aiment pas = je ne suis pas bonne ». Mais dans la réalité, les gens réagissent à une décision, à un changement, à une perte de contrôle, à un inconfort… pas à ta valeur comme personne. Et ça, il faut que tu te le répètes souvent. Très souvent. Parce que sinon, tu vas tout absorber. Tu vas porter les émotions de tout le monde. Tu vas te remettre en question à chaque réaction. Alors qu’en fait, ton rôle, c’est de rester solide dans la tempête. D’écouter, de comprendre, d’ajuster si nécessaire… mais sans te laisser définir par la réaction des autres. Ce n’est pas facile, je te le dis. Mais c’est une des plus grandes compétences que tu vas développer comme direction.


Prépare-toi à la résistance (au lieu de la subir)


Le jour où tu comprends que la résistance fait partie du rôle… tout change. Parce que tu arrêtes d’être surprise. Tu arrêtes de prendre ça comme un échec. Tu commences à te préparer. Avant une rencontre, tu te demandes : « Qu’est-ce qui pourrait déranger? Qui pourrait réagir? Pourquoi? » Tu te mets dans leurs souliers. Tu anticipes les questions. Tu structures mieux ton message. Et surtout… tu te prépares mentalement à ce que ça brasse un peu. Et ça ne veut pas dire que ça va être facile. Mais ça veut dire que tu ne tombes plus de haut. Tu es prête. Et quand tu es prête, tu es beaucoup plus solide. Tu restes ancrée. Tu es capable de garder ton calme, même quand ça chauffe. Et ça… ça change complètement ta posture de leader.


Et tranquillement, sans même t’en rendre compte, tu passes de :

« J’espère qu’ils vont m’aimer »

à

« Je vais prendre la meilleure décision possible… et je vais l’assumer »


Et ça… c’est là que ton leadership prend toute sa place. Le leadership en direction d’école passe aussi par des décisions difficiles…


Et je vais être bien honnête avec toi… ce texte-là, je l’ai aussi écrit pour moi.


Parce que même avec les années, il m’arrive encore de tomber dans le piège. D’être déçue de moi quand je vis de la résistance. De me remettre en question plus que nécessaire. De me demander est-ce que j’ai bien fait? Est-ce que j’aurais pu faire autrement? Est-ce que j’aurais dû dire les choses différemment. Et même de me dire «  je ne serai jamais bonne ».


Pour moi, c’est probablement le défi qui m’a demandé le plus de travail sur moi-même. Plus que bien d’autres épreuves que j’ai traversées… même plus que passer au travers d’un cancer. Et ce n’est pas peu dire.


Parce qu’être directrice… ça peut être une maudite job ingrate.


Mais en même temps… quand tu vois ton équipe avancer, quand tu vois des enseignants évoluer, quand tu vois des élèves se développer grâce à des décisions que tu as prises… ça ne vient pas tout effacer (on va se le dire hihi), mais ça te ramène à l’essentiel.


À pourquoi tu fais ce travail-là.


Et ça… ça vaut beaucoup.


Merci pour ton travail!


🤍 — Mme Éliane

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