Climat en éducation : tout n’est pas noir, choisir la lumière là où nous avons du pouvoir
- Éliane Bouchard
- 23 févr.
- 3 min de lecture
ATTENTION.
Ce texte pourrait te déranger. Peut-être même que tu n’auras pas envie de le lire jusqu’au bout. Et si c’est le cas, c’est correct. On n’est pas obligé de voir les choses de la même façon pour se respecter. Je dis souvent que c’est la diversité humaine qui fait la richesse d’une école. Je le crois profondément… et je le crois ici aussi.
Quand j’ai créé Mme Éliane, j’ai dit à mes proches : « J’suis écoeurée du discours négatif en éducation. Écoeurée d’entendre que tout va mal. » Parce que ce n’est pas vrai. Tout ne va pas mal. Oui, il y a des défis. Oui, il y a des situations complexes. Oui, il y a des enjeux qui nous dépassent. Mais il y a aussi du beau. Et moi, j’ai besoin de parler du beau. Pas pour nier le reste. Mais pour équilibrer le regard.
Je suis une personne positive « chu née d’même ». Ce n’est pas un effort calculé, ce n’est pas une stratégie. C’est ma nature profonde. Mais être positive, ce n’est pas être naïve. Je vois les défis. Je vois les cas plus lourds, les ressources insuffisantes, les listes d’attente interminables, les familles qui auraient besoin de plus que ce qu’on peut offrir. Je le vois tellement que je suis souvent une TES de plus dans mon école. Je suis sur le plancher, dans les corridors, dans les rencontres délicates. Je ne ferme pas les yeux. Je n’ai pas la tête dans le sable.
Mais l’éducation, ce n’est pas que ça.
Chaque jour, je vois des enseignants qui portent des projets inspirants avec un engagement incroyable. Je vois des TES créer des liens si solides qu’un élève finit par trouver sa place en classe. Je vois des parents profondément reconnaissants pour un simple appel, une écoute, un geste. Des éducatrices qui arrivent à faire vivre des moments magiques à des enfants avec pas grand chose. Ces moments ne font pas les manchettes. Ils ne deviennent pas viraux. Mais ils changent des trajectoires. Ils construisent quelque chose de durable, parfois invisible… mais essentiel.
Ce qui m’inquiète, ce n’est pas qu’on parle des défis. On doit en parler. Ce qui m’inquiète, c’est qu’on parle seulement des défis. À force de répéter que tout va mal, on finit par le croire. À force d’y croire, on perd un peu d’élan. Et à force de perdre de l’élan, on s’épuise collectivement, on se tire vers le bas. Le climat devient lourd. L’entrée au travail le matin devient plus difficile. Et tranquillement, sans s’en rendre compte, on oublie qu’il existe aussi des raisons d’être fiers.
Moi, je crois profondément à ceci : nous ne contrôlons pas tout, mais nous avons toujours un pouvoir quelque part. On ne peut pas régler tous les problèmes du réseau. On ne peut pas changer les budgets, ni accélérer les listes d’attente. Mais on peut agir là où nous avons du pouvoir. Dans notre classe. Dans notre bureau. Dans notre façon de parler à un élève. Dans la manière dont on choisit de regarder une situation. On peut créer un climat plus doux. On peut soutenir un collègue. On peut mettre en lumière ce qui fonctionne. Et ça, ce n’est pas insignifiant. C’est immense.
Comme leader, j’ai appris que l’énergie que je choisis d’amplifier devient contagieuse. Si je ne parle que de ce qui ne fonctionne pas, mon équipe le ressent. Si je souligne aussi ce qui fonctionne, ça crée de l’espace. De l’espoir. Du mouvement. Ce n’est pas un déni de réalité. C’est un choix d’orientation.
Alors aujourd’hui, j’ai envie de te lancer un défi simple. À chaque pensée négative que tu as sur ton milieu, colle-y immédiatement une pensée positive. Pas pour minimiser les enjeux. Pas pour faire semblant. Mais pour équilibrer. Parce que la vérité, c’est que les deux coexistent.
Peut-être que si, ensemble, on choisit d’agir là où nous avons du pouvoir, on changera doucement la couleur de nos lunettes. Et peut-être que demain matin, en entrant dans ton école, tu verras un peu plus de lumière qu’hier.
Je t’ai prévenue au début que tu pourrais arrêter ta lecture.
Si tu es encore ici, ce n’est peut-être pas un hasard.
Peut-être que, toi aussi, tu es en train de choisir consciemment la posture que tu veux adopter dans ton milieu. Peut-être que tu sais que tu ne contrôles pas tout, mais que tu peux toujours décider où poser ton regard. Peut-être que tu comprends que la lumière n’efface pas les défis… mais qu’elle change la façon dont on les traverse.
Et si c’est le cas, alors tu es déjà en train d’agir là où tu as du pouvoir.
🤍 Transformer l’éducation, une direction à la fois.
Et parfois… une pensée à la fois.
-Mme Éliane




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