Ces situations qui te font réagir : comprendre tes déclencheurs comme direction d’école
- Éliane Bouchard
- il y a 3 jours
- 4 min de lecture
Dernièrement, j’échangeais avec une nouvelle direction qui me racontait une rencontre avec son équipe. Une rencontre qui, sur papier, n’avait rien d’extraordinaire… mais qui avait complètement dérapé dans son ressenti. Elle était sortie de là ébranlée, frustrée, un peu en colère… mais surtout surprise d’avoir réagi aussi fortement. Elle me disait : « Ce n’est pas moi, normalement… je ne comprends pas pourquoi j’ai réagi comme ça. »
Et ça nous a amenées à parler de quelque chose dont on ne parle pas assez : nos déclencheurs. Nos fameux “boutons rouges”. Ceux qui, quand on appuie dessus sans le vouloir, nous font sortir de notre calme habituel. Ceux qui nous font adopter une posture qu’on ne souhaite pas nécessairement avoir avec notre équipe. Ceux qui nous font réagir plus vite que réfléchir.
Et la réalité, c’est que quand tu commences comme direction… tu ne les connais pas encore, ces boutons-là.
Comprendre ses déclencheurs comme direction d’école
Parce que ce qui est important de comprendre, c’est que ce n’est presque jamais la situation en soi qui crée ta réaction. C’est ce qu’elle vient toucher en toi. Deux directions peuvent vivre exactement la même scène… et réagir de façon complètement différente. Pourquoi? Parce que ça ne vient pas appuyer au même endroit. Parce que ça ne vient pas réveiller la même corde sensible.
Et là, si tu veux mon avis (fais-en ce que tu veux 😉), évite de tomber dans le piège de te comparer. Tu vas en parler à une collègue, elle va te dire ce qu’elle aurait fait… et là, tu vas te dire : « Ben voyons… pourquoi je n’ai pas réagi comme ça? Pourquoi je n’ai pas dit ça? Maudit que je ne suis pas bonne… » ARRÊTE. Parce que cette même personne est probablement en train de se dire exactement la même chose à propos d’une situation que toi, tu as bien gérée. Maudit que nous sommes mal faites, des fois 😉
Pourquoi certaines situations te font réagir
Ce qui rend ça encore plus complexe, c’est que tes déclencheurs comme direction ne sont pas les mêmes que ceux que tu avais avant. Comme enseignante, tu avais développé une certaine posture, certaines réactions, une façon de gérer des situations. Mais là, tu changes complètement de rôle. Tu changes de posture. Tu changes de niveau de responsabilité.
Et avec ça… viennent de nouveaux déclencheurs.
Une remise en question devant ton équipe. Une résistance ouverte. Un manque de reconnaissance. Une impression d’injustice. Une situation que tu perçois comme un manque de respect. Tout ça peut venir appuyer sur des boutons que tu ne savais même pas que tu avais. Et souvent, tu ne le vois pas venir.
Le danger de ne pas connaître ses déclencheurs
Le danger, ce n’est pas d’avoir des déclencheurs. On en a toutes. Le danger, c’est de ne pas les connaître. Parce qu’un déclencheur non reconnu devient une réaction incontrôlée. Une réponse trop rapide. Un ton qui dépasse ta pensée. Une posture que tu regrettes après.
Et ça, comme direction, ça peut coûter cher. Pas juste en termes de crédibilité… mais en termes de relation. Parce que oui, tu es une leader. Mais tu es aussi une humaine. Et parfois, tu ne réagis pas comme direction… tu réagis comme humaine qui vient d’être touchée au mauvais endroit.
Comment reconnaître ses déclencheurs
Avec le temps, j’ai compris que se connaître comme direction, c’est probablement une des compétences les plus importantes à développer. Bien avant les outils, les structures, les protocoles. Parce que peu importe ce qui se passe autour de toi… tu restes ton principal outil de travail.
Et apprendre à reconnaître tes déclencheurs, ça change tout.
Concrètement, ça peut commencer très simplement. Prendre le temps de revenir sur une situation après coup. Te demander : qu’est-ce qui m’a fait réagir aussi fort? Est-ce que c’est vraiment la situation… ou ce qu’elle représente pour moi? Est-ce que ça vient toucher une valeur? Une insécurité? Une attente?
Plus tu prends le temps d’observer ces moments-là, plus tu vas voir des patterns apparaître. Des situations qui se ressemblent. Des réactions qui reviennent. Et tranquillement, tu vas apprendre à te connaître dans ton rôle.
Et éventuellement… tu vas même commencer à anticiper.
Se connaître : une compétence clé en direction d’école
Et ça, c’est là que ça devient puissant.
Parce que quand tu connais tes déclencheurs, tu peux te préparer. Tu peux entrer dans certaines rencontres avec plus de conscience. Tu peux te dire : « Ok… ça, c’est le genre de situation qui vient me chercher. Je vais prendre le temps de respirer. Je vais me laisser un temps avant de répondre. » Et quand tu es fatiguée, le bouton rouge est plus gros, de là l’importance de se connaître.
L’idée est de ne pas la situation… mais de la traverser avec plus de solidité.
Je ne te dirai pas que c’est facile. Je ne te dirai pas que tu ne réagiras plus jamais. Moi-même, il m’arrive encore de me faire surprendre. Mais la différence, c’est que maintenant, je comprends mieux ce qui se passe. Je suis capable de revenir plus rapidement. De m’ajuster. De réparer au besoin.
Et surtout… de ne plus me taper sur la tête pendant trois jours.
Se connaître comme direction, ce n’est pas un luxe. C’est une nécessité.
Parce qu’au final, ce ne sont pas les situations qui définissent ton leadership…
c’est la façon dont tu y réagis.
🤍 — Mme Éliane




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