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Quand tout le monde veut quelque chose de toi : survivre (et évoluer) comme nouvelle direction d’école

Le choc du début


Quand tu commences comme direction, tu te retrouves vite submergée par la quantité de tâches à faire. Ça rentre de partout, par courriel, par téléphone, par TEAMS, par texto, par Messenger, dans le corridor, dans ton bureau et parfois même au Costco (ouin quand tu rencontres un membre de ton équipe hihi).


Tu ne sais plus quoi prioriser, tu veux tout faire en même temps, mais tu en échappes, tu en oublies et si tu es comme moi, tu n’aimes pas te tromper ou en échapper (maudite anxiété de performance). Faque tu t’en mets énormément sur les épaules et tu finis par travailler des heures de fou.


Quand tu étais prof… tu étais la top, tes collègues venaient te voir pour te demander conseil et là… tu te sens poche, nulle, pas organisée (pourtant dans ma classe, tout roulait au quart de tour), méchant contraste (psssiiittt j’veux pas être plate, mais tu vas vivre cette sensation-là aussi quand tu vas passer d’adjointe à directrice d’école… c’est un autre saut quantique… crois-moi).


Bref… tu survis, mais tu te dis que tu ne pourras pas continuer des années ainsi, donc tu commences à douter et tu te dis… ça ne se fera pas, je pense retourner dans ma classe et tu te demandes… voyons donc quelle idée j’ai eue de postuler pour cette job-là ;)


C’est là que Mme Éliane arrive et qu’elle te dit : « Inspire-expire colisse » (désolée pour le sacre, c’était mon expression quand j’avais du stress pendant les traitements de chimiothérapie et je me faisais rire à chaque fois). Un jour, je vais en faire un chandail ;)


Structurer le chaos


Bon, revenons à nos moutons… les nombreuses tâches qui s’accumulent. J’en aurais long à te dire pour t’aider à tout gérer cela, mais je vais te donner quelques trucs qui fonctionnent pour moi.


Premièrement, tu commences une nouvelle page chaque jour dans ton cahier de notes et tu t’assures de mettre à la poubelle la page de la veille… comme ça, tu recommences à zéro tous les matins et tu n’as aucune tâche qui s’accumule… pouaaaahhhhhhhh je meurs de rire en ce moment, je vous imagine me lire et vous dire : voyons elle… quel truc de « mard$%#%# ».


Bon, je reviens VRAIMENT à nos moutons. Un des trucs que j’ai remarqué quand j’ai commencé, c’était les trop nombreux moyens de communication que les gens utilisaient pour me faire des demandes, je te conseille vraiment d’en choisir un et de le communiquer clairement à ton équipe (ne jamais rien prendre pour acquis). Tu peux choisir les signaux de boucane, le code morse, les feuilles de papier ou les courriels. De mon côté, c’est ce que j’ai choisi : « si tu veux t’assurer que ta demande se retrouve dans ma to-do, tu m’écris un courriel ». Les gens m’en parlent dans le corridor, je termine en disant : « Tu m’écris un courriel. » De cette façon, je sais que je vais le traiter quand je vais m’installer dans mon moment « débordement de courriels ». Oui oui, je me booke deux rendez-vous par semaine dans mon horaire qui s’appellent ainsi. De cette façon, je sais que je vais avoir au moins deux moments où je vais être en mesure de reprendre le dessus sur les fameux courriels.


Répondre vite ne veut pas dire répondre bien


Un autre piège dans lequel on tombe vite, c’est de penser qu’on doit répondre à tout… tout de suite. Comme si le simple fait de laisser un courriel sans réponse pendant 24 heures faisait de nous une mauvaise gestionnaire. Mais laisse-moi te dire quelque chose : répondre vite ne veut pas dire répondre bien. Et encore moins être efficace. Tu as le droit de lire un message et de répondre « je te reviens ». Tu as le droit de prendre le temps de réfléchir avant de trancher.


Par contre — et là je te donne un petit truc concret — si la tâche te prend moins de deux minutes, fais-la immédiatement. Un petit suivi, une confirmation, transférer une info, envoyer un document. Deux minutes et c’est réglé. Ça évite l’accumulation inutile. Mais tout ce qui demande réflexion, analyse ou décision importante mérite plus que ta réponse impulsive entre deux corridors. Une direction efficace ne court pas après chaque demande. Elle choisit quand et comment elle y répond.


Tout le monde pense que sa demande est urgente


Parce que la vérité, c’est que tout le monde pense que sa demande est urgente. Et je les comprends. Quand tu es dans ton dossier, c’est ton monde au complet. Mais ta job à toi, ce n’est pas de traiter les demandes dans l’ordre où elles entrent. C’est de décider lesquelles méritent ton énergie en premier.


Est-ce que ça touche directement un élève? La sécurité? Un conflit entre 2 membres du personnel? Si oui, on agit.


Un autre truc pour t’aider à faire ce tri plus sereinement, tu demandes que l’intention du message soit clairement indiquée dans le courriel : urgence (à traiter la journée même), important (à regarder dans les prochains jours) ou informatif (aucune suite à donner). Ça peut sembler simple, mais ça change complètement ta posture de lecture. Tu ne lis plus chaque message avec le même niveau d’alerte. Et surtout, ça responsabilise le messager. Ça l’amène à réfléchir : est-ce réellement urgent… ou est-ce que j’ai simplement besoin d’informer ma gestionnaire?


Si non… ça peut probablement attendre quelques heures, parfois quelques jours. Et ça, au début, ça demande du courage. Parce que tu vas avoir l’impression de décevoir. Mais protéger l’essentiel, ce n’est pas être froide. C’est être une leader.


Passer de gestionnaire de demandes à leader


Au début, tu essaies de gérer toutes les demandes. Avec le temps, tu comprends que ce n’est pas ça ton rôle. Ton rôle, ce n’est pas d’être le centre de traitement de l’école. C’est de créer un système qui ne dépend pas uniquement de toi. Si chaque décision, chaque validation, chaque petit problème doit passer par ton bureau, tu vas devenir le goulot d’étranglement… et l’école va ralentir.


Apprendre à gérer les demandes, c’est aussi apprendre à redonner du pouvoir à ton équipe. À poser des questions plutôt que donner des réponses. À dire : « Qu’est-ce que tu proposes? » plutôt que de tout régler toi-même.


Au début, tu veux prouver que tu es capable.

Avec le temps, tu comprends que ton rôle n’est pas de tout faire… mais de faire grandir le système autour de toi.


Une bonne direction ne court pas plus vite.

Elle choisit mieux.


Et ça, ça s’apprend.


-Mme Éliane

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