Épuisement et perfectionnisme : réflexions d’une directrice d’école
- Éliane Bouchard
- 26 déc. 2025
- 4 min de lecture
Ce matin, nous sommes le 25 décembre.
Je bois tranquillement mon café après avoir reçu une trentaine de personnes au réveillon… et tout ramassé le soir même. Le calme est revenu dans la maison.
J’avais le goût d’écrire. D’écrire vrai.
J’avais le goût de partager des apprentissages que j’ai faits en 2025. Des apprentissages qui m’ont transformée, autant dans mon rôle de directrice d’école que dans ceux de maman, de femme et de passionnée de la vie.
Voici deux grandes leçons que cette année m’a apprises — parfois doucement, parfois plus abruptement.
1. L’épuisement professionnel n’arrive pas qu’aux autres
En juin, à la fin de l’année scolaire, je peux le dire aujourd’hui — maintenant que je vais mieux — j’étais en épuisement professionnel. J’ai terminé l’année sur les rotules, avec l’impression d’avoir couru un marathon mental… sans jamais m’être entraînée pour ça.
En février, j’avais pris les commandes d’un bateau — ma merveilleuse école — en pleine tempête, à un moment où j’étais déjà très fatiguée. Malgré tout, j’ai continué à avancer à plein régime.
Développer La Tortue en crampons.
Respecter mon rythme de lecture et d’entraînement.
Ne rien échapper. Ne faire aucune erreur.
Avec le recul, je le vois clairement : ma plus grande erreur a été de vouloir être parfaite dans toutes les sphères de ma vie.
Les signaux étaient là. Les alarmes aussi.
Mais je ne les ai pas entendues. J’avais littéralement des coquilles sur les oreilles — et ce n’est même pas une blague, je m’en suis commandée pour vrai.
C’est ma meilleure amie qui m’a ramenée à l’essentiel, en juillet. Alors que je lui parlais d’un nouveau projet que je voulais mettre sur pied, elle m’a dit quelque chose comme :
« C’est incroyable comment tu aimes te compliquer la vie. »
Ce fut le déclic.
J’ai laissé tomber la pression que je me mettais. Je me suis permis de ralentir. De m’arrêter. De dormir. Pendant trois semaines, je me suis littéralement échouée dans ma piscine, à flotter et à récupérer.
Depuis, je respecte davantage mon cerveau et ses besoins de repos. Et mon dieu que je vais mieux.
Ce repos a laissé de l’espace à ma créativité.
Il a aussi permis à Mme Éliane, directrice inspirée, de prendre forme tranquillement — un projet profondément aligné avec qui je suis réellement.
2. La perfection n’existe pas en leadership scolaire
Depuis que je suis directrice d’école, j’ai réalisé à quel point le perfectionnisme faisait partie de mon fonctionnement. Je voulais bien faire. Tout le temps. Partout.
Mais la réalité du leadership scolaire m’a rattrapée : il y a trop de variables que l’on ne contrôle pas. Même en travaillant fort, même en étant organisée, même en faisant de son mieux… il est impossible de tout faire parfaitement.
Depuis août, j’ai fait le choix de prioriser mon travail. J’y mets beaucoup d’énergie. Mon accompagnement avec La planificatrice (aka Émilie Viens) m’a énormément aidée à structurer mon quotidien et à clarifier mes priorités. Mais j’ai aussi compris une chose essentielle : la perfection est impossible à atteindre. C’est donc un véritable travail d’acceptation que je dois faire.
Des erreurs, il y en aura encore.
Des incompréhensions face à mes décisions aussi.
Et parfois même, de la frustration.
Mais surtout, j’ai compris ceci :
Tant que je reste moi-même, tant que j’apprends de mes erreurs, tant que je tente de faire du mieux que je peux, j’ai le droit d’être fière de moi. Parce que je sais que ce n’est pas tout le monde qui peut supporter la pression que mon travail exige.
Je reste centrée sur ma mission de vie — faire la différence auprès du plus grand nombre d’élèves — et c’est là que se trouve mon véritable objectif.
En 2025, j’ai consciemment décidé de diminuer la pression que je me mettais.
De lâcher la quête de la perfection.
Et honnêtement, cette décision a transformé mon rapport au travail, au leadership… et à moi-même.
Conclusion : choisir un leadership plus doux
Si je prends le temps d’écrire cet article aujourd’hui, ce n’est pas pour dresser un bilan parfait de mon année. C’est plutôt pour me rappeler — et peut-être te rappeler à toi aussi — qu’on a le droit de ralentir, même dans des rôles exigeants.
On a le droit de revoir nos façons de faire.
On a le droit de se choisir.
On a le droit de prendre soin de soi, même quand on prend soin des autres au quotidien.
Je n’ai pas toutes les réponses pour l’année qui s’en vient.
Mais je sais une chose : je m’écoute davantage. Je respecte mes limites. Et je choisis, de plus en plus, ce qui me fait du bien.
Et si, en me lisant, tu te reconnais un peu…
si toi aussi tu te sens fatiguée, exigeante envers toi-même, toujours en mode solution…
sache que tu n’es pas seule.
Peut-être que la prochaine année n’a pas besoin d’être plus performante.
Peut-être qu’elle a simplement besoin d’être plus humaine.



Sage Éliane, il faut être en forme pour prendre soin des autres et être un modèle positif. ☀️Il faut écouter et respecter ses limites, prendre du temps pour soi, rires, faire des folies…