top of page

Relativiser : une compétence sous-estimée

Quand tout s’emballe, prendre un pas de recul devient un acte de leadership.


Une des phrases que je dis souvent comme directrice, c’est :« Y’a pas mort d’homme. » Cette phrase-là, c’est un ancrage pour moi. Un point d’arrêt. Une façon de me ramener à l’essentiel quand tout s’emballe.


Il y en a qui disent : « on n’opère pas à cœur ouvert ».


Moi, je dis plutôt :« y’a pas mort d’homme » ou encore « y’a toujours pire que nous dans la vie ».


Chaque fois que je me le répète — parfois à voix haute, parfois seulement dans ma tête — quelque chose se replace. Quand j’ai l’impression que tout va mal, que le stress est dans le piton, que les pensées s’enchaînent trop vite, me dire « Éliane, y’a pas mort d’homme » me recentre presque instantanément.


Ce n’est pas que la situation disparaît. Ce n’est pas que le problème devient insignifiant. C’est que je lui redonne sa juste grandeur.

Quand le cerveau s’emballe

Comme gestionnaire, comme directrice d’école, mais aussi simplement comme humaine, je fais face — comme tout le monde — à des situations imprévues. Certaines sont banales. D’autres sont plus lourdes. Et parfois, elles arrivent toutes en même temps.


Dans ces moments-là, on bascule rapidement dans ce que plusieurs appellent le cerveau reptilien. Celui qui réagit avant de réfléchir. Celui qui anticipe le pire. Celui qui fait battre le cœur plus vite, mais qui réfléchit beaucoup moins bien.


On dramatise.

On généralise.

On perd de vue l’ensemble.


Relativiser, ce n’est pas nier ce qu’on vit. Ce n’est pas faire semblant que ça ne fait rien. C’est prendre un pas de recul pour retrouver une perspective plus juste, plus nuancée, plus fidèle à la réalité.

Relativiser dans les grands moments aussi

Pour moi, cette façon de penser est tellement ancrée que je l’ai portée dans des moments bien plus grands que le quotidien.


Quand j’ai reçu l’annonce du cancer, en 2017, je ne me suis jamais posé la question :« Pourquoi moi? »


Pas parce que je minimisais ce que je vivais.

Pas parce que je faisais preuve d’un optimisme naïf.


Mais parce que, presque instinctivement, mon esprit est allé ailleurs.

Je me disais :« Ça aurait pu être pire. Ça aurait pu être un de mes enfants. »

Ils avaient 7 et 9 ans à ce moment-là.


Cette manière de relativiser m’a énormément aidée à gérer le stress, l’attente, l’incertitude. Elle ne faisait pas disparaître la peur, mais elle m’empêchait de m’y noyer. Elle me permettait de rester fonctionnelle, présente, ancrée dans ce qui comptait vraiment.


Relativiser, dans ces moments-là, ce n’est pas banaliser. C’est choisir consciemment où l’on dépose son énergie mentale.

Ce que dit la recherche

Ce que je décris ici n’est pas qu’une impression personnelle.


En psychologie, on parle de reformulation cognitive (cognitive reappraisal). Il s’agit d’une stratégie de régulation émotionnelle qui consiste à repenser une situation afin d’en modifier l’impact émotionnel.


La recherche montre que les personnes qui utilisent fréquemment ce type de stratégie présentent généralement :

• une meilleure santé mentale,

• une réactivité au stress plus faible,

• et une plus grande résilience face aux difficultés.


Plusieurs études associent aussi cette capacité à des niveaux plus bas d’anxiété et de symptômes dépressifs. Autrement dit, relativiser n’élimine pas les défis, mais ça aide à mieux les traverser.

Relativiser, ce n’est pas fuir

Relativiser, ce n’est pas être indifférent. Ce n’est pas éviter les problèmes. Ce n’est pas manquer de sérieux.


C’est reconnaître que tout n’est pas une urgence, que tout ne mérite pas la même charge émotionnelle, et que notre énergie est précieuse.


Pour moi, ça commence souvent par une phrase simple. Une phrase qui coupe l’emballement. Une phrase qui ramène au réel.

Y’a pas mort d’homme.

Elle me rappelle que je peux choisir comment je me positionne face à ce qui arrive. Que je peux respirer avant de réagir. Que je peux rester lucide, même quand c’est intense.

Relativiser, ce n’est pas baisser les bras.C’est choisir la clarté plutôt que la panique.

Avant de refermer cette réflexion, j’ai envie de te laisser avec quelques questions. Pas pour y répondre parfaitement. Pas pour te juger. Juste pour t’observer… avec un peu plus de douceur.

  • Dans quelles situations as-tu tendance à tout mettre au même niveau d’urgence?

  • Quelle phrase pourrait t’aider, toi, à te recentrer quand tout s’emballe?

  • Qu’est-ce qui gagnerait à être relativisé dans ta vie en ce moment?

  • Et si tu prenais un pas de recul… qu’est-ce que tu verrais autrement?


Parfois, relativiser ne demande pas une solution de plus. Juste une grande respiration. Et la permission de voir les choses autrement.

Commentaires


Untitled design.png

Humaine | Curieuse | Engagée

 

© 2025 by Mme Éliane, directrice inspirée. Powered and secured by Wix

 

Québec, Canada

  • Facebook
  • Instagram
bottom of page